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Les Etats-Unis interdiront à partir de vendredi soir et pour 30 jours tous les voyageurs en provenance de l’Europe hors Royaume Uni, donnant un coup d’arrêt à l’un des marchés aériens les plus achalandés et rentables au monde au nom de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.
Alors que l’OMS considère désormais l’épidémie de Covid-19 comme une pandémie, et que le cap des 1200 cas de contaminations a été franchi aux Etats-Unis (au moins 38 décès), le président américain Donald Trump a annoncé dans une allocation télévisée qu’à partir du 12 mars 2019 à minuit (samedi à 5h00 en France) et pendant 30 jours, les voyageurs européens se verront interdire l’entrée sur le territoire américain– sauf les Britanniques. Dénonçant un « virus étranger », il a expliqué que l’Europe était de plus en plus affectée par l’épidémie « parce qu’elle n’avait pas fermé ses portes aux voyageurs venant de Chine » ; et un « grand nombre » de nouveaux foyers d’épidémie aux USA ont été créés « par des voyageurs venus d’Europe ».
L’administration a un peu  tempéré l’annonce, expliquant que l’interdiction ne frappera que les étrangers – les ressortissants américains et les membres de leurs familles ayant subi des tests de dépistage étant autorisés à rentrer au pays (la même mesure est déjà appliquée au départ de la Chine – d’où les vols sont toujours autorisés, un avion d’Air China par exemple ayant décollé de JFK ce matin…). Donald Trump n’a en revanche pas expliqué pourquoi le Royaume Uni était exempté, alors que l’épidémie y a désormais fait 8 morts et 465 cas de contaminations. Tous les vols entre les Etats-Unis et l’Italie, principal foyer européen de l’épidémie, sont déjà suspendus.
Selon OAG, la route de British Airways entre Londres-Heathrow et l’aéroport de New York-JFK était la plus rentable au monde, ayant dégagé entre avril 2017 et mars 2018 plus d’un milliard de dollars ; elle représentait alors 6% des revenus de la compagnie britannique. Le marché transatlantique est aussi d’une importance vitale pour les compagnies sur les deux rives de l’océan : Air France, KLM Royal Dutch Airlines, Delta Air Lines et Virgin Atlantic proposent ensemble 110 routes transatlantiques directes et jusqu’à 341 vols quotidiens, et leur coentreprise représente environ 23% de la capacité transatlantique totale, fret et passagers confondus, avec un chiffre d’affaires annuel combiné estimé à 13 milliards de dollars. Delta en particulier précisait hier que ce marché représente 15% de ses revenus.
Les trois grandes compagnies américaines avaient déjà annoncé une chute brutale des réservations sur l’axe transatlantique (-70% pour United Airlines ces derniers jours) et plus globalement à l’international. Et elles prévoient toutes des réductions de capacité, par exemple de -10% pour American Airlines.  
©Airbus